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L’affaire Beljanski défraya la chronique il y a quelques années. Elle connait un rebond avec le développement d’internet. Voici une analyse critique surtout axée sur les prétentions scientifiques de ce chercheur marginal à la lumière des connaissances actuelles en biologie et en cancérologie. Avant de vous lancer dans l’achat de produits Beljanski, lisez bien ces lignes ce qui pourrait vous éviter de mauvaises surprises pour votre porte-monnaie et des désillusions inutiles voire dangereuses.

Le scandale de l’affaire Beljanski, l’argent du cancer et du sida dévoyé, des découvertes interdites, complot des mandarins et des firmes pharmaceutiques, mensonge -désinformation - manipulation, des produits efficaces et non toxiques contre le cancer et le SIDA boycottés ; tels sont les leitmotivs qu’on trouve peu partout sur internet et dans des livres décrivant l’histoire de Mirko Beljanski.

Mirko Beljanki aurait inventé dans les années 80 des médicaments non toxiques pour guérir du cancer. Réfutant les connaissances en cancérologie de son époque qu’il considérait comme dogmatiques, ses recherches auraient été frappées d’un ostracisme implacable. Pourtant ses découvertes seraient scientifiquement fondées et auraient permis la guérison de milliers de patients. Il n’est pas toujours facile pour le commun des mortels de défricher un langage prétendument scientifique pour découvrir ses incohérences et les impostures. Interprétations erronées de textes scientifiques, coût exorbitant des traitements, théorie en contradiction avec des données scientifiques largement démontrées, falsification de textes, efficacité de médicaments non validée… On retrouverait dans l’affaire Beljanki ces ingrédients classiques rencontrés dans les dossiers de médecins-gourous et de charlatans condamnés pour exercice illégal de la médecine et/ou de la pharmacie. Est-on vraiment dans un tel cas de figure ?

Mirko Beljanki n'était ni professeur, ni même docteur en médecine, mais docteur ès sciences spécialiste de biologie moléculaire, un diplôme qui permet de travailler comme chercheur dans un laboratoire mais insuffisant pour exercer avec une clientèle. Il ne pouvait donc prescrire des ordonnances y compris dans un service de cancérologie d’un centre hospitalier. D’après un article paru dans Le Point du 18 novembre 1995, Au CNRS, où il a fini sa carrière, il n'est pas exagéré d'affirmer qu'il n'a pas laissé un excellent souvenir. Après son départ mouvementé de l’Institut Pasteur, Il aurait même été maintenu sur un poste subalterne pour des raisons humaines et non scientifiques à la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry avec des moyens dérisoires où il finit sa carrière. Quant à ses travaux scientifiques ; un livre collectif « Cancers: guide pratique d'évaluation de traitement et de surveillance » écrit par Jean-Marie Andrieu, Pierre Colonna et Raphaël Lévy, résume l’opinion de la grande majorité des cancérologues : « Les théories de Beljanski et ses applications thérapeutiques restent totalement discutables et la documentation présentée comporte de nombreux points obscurs et non convaincants ».

Un journaliste, Jacques Lebeau, prétend dans un livre explosif, « l’affaire Beljanski », avoir effectué une enquête rigoureuse et fouillée, sans complaisance avec de nombreuses révélations. A la lecture de ce livre, on a l'impression que ce journaliste si bien informé ignore pour quelles raisons sont testés en clinique tous les médicaments en phase I, II et III avant de recevoir un AMM, ce que n’a jamais tenté Mirko Beljanski avant la commercialisation de ses produits. Personne ne peut prétendre qu’un médicament n’est pas dangereux ou n’a pas d’effet indésirable tant qu’il n’a pas subi une batterie de tests qui le confirme et qui durent en général plusieurs années. Ces tests ont pour objectif de vérifier l’efficacité attendue du produit, mais aussi ses effets secondaires chez l’homme. Tout médicament qui s’est révélé prometteur dans une culture cellulaire et chez l’animal peut se montrer décevant chez l’homme, la biodisponibilité n’étant pas la même. Que les produits de ce talentueux chercheur ne soient pas toxiques n'est pas si sûr ; Par rapport à ce qui est recherché, certains pourraient même avoir un effet inverse comme on va le découvrir dans ce dossier.

« Ne lisez pas ce livre » prétend Jacques Lebeau ; « Il est DANGEREUX pour vos confortables certitudes ! ». Lesquelles ?

Ça commence mal, on est déjà dans une attitude provocatrice et agressive vis-à-vis des lecteurs peu enclins à croire à n’importe quoi et qui souhaiteraient exercer leur sens critique sur ce qui est prétendument avancé. Et si on prenait au mot l’auteur de ce livre ! S’il ne faut pas lire son livre, c’est peut-être pour son manque d’objectivité, ses lacunes et les déformations des données scientifiques et historiques. Des raisons qui pourraient induire les lecteurs vers une thérapie illusoire couteuse et dangereuse. Une thérapie qui s’est manifestée par l’absence d’efficacité lors d’un contrôle sur des personnes atteintes du SIDA effectué par le Ministère de la Santé (ANRS) dans le cadre d’un procès pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et dont les conclusions ont été rendues public en juin 1994 – En 1990, 25 des 27 patients ayant participé à ce contrôle, étaient décédés. C’est un livre qui a été écrit pour défendre une cause, celle d’un chercheur prétendument « muselé et menotté », donc délibérément orienté et partial. D’ailleurs, il ne contient aucune analyse critique des affirmations prétendument scientifiques de ce chercheur marginal ; une analyse que vous allez maintenant découvrir en consultant les différentes pages de ce site web.

           Georges JAVAHL                                                      

           Avec la collaboration de Pierre DEGROSSE étudiant DES Oncologie

                                                            

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